L'Ascension des Orcs

L'Ascension des Orcs

(relatée par Gul'dan, chef du clan de Stormreaver)


La montée du Conseil des ombres

C’est avec la fureur d’un ouragan, que nous nous abattîmes sur les terres de Dranei, dévastant et détruisant tout sur notre passage. Aucune vie ne fut épargnée. Aucune bâtisse ne fut laissée debout. Rouges du sang des Dranei étaient les champs qu’ils avaient cultivés depuis cinq mille ans. Apre était l’odeur dégagée par les corps de leurs jeunes guerriers brûlés vifs sur les feux de joie célébrant notre victoire. Ainsi mourut le peuple Dranei, qui finalement avait toujours fait preuve de faiblesse. Il ne méritait guère l’application que nous avions mise à l’exterminer. L’aisance avec laquelle nous avions remporté cette victoire éclatante ne faisait qu’accentuer leur infériorité... 

Ainsi en fut-il toujours pour mes semblables. Le penchant des masses pour la brutalité et la barbarie est aisément manipulé par ceux qui détiennent le vrai pouvoir. C’est bien le pouvoir qui fait avancer la Horde, cette formidable machine de destruction. Certains pensent être les détenteurs de ce pouvoir et rallient d’autres clans sous la bannière de la violence. Pourtant, en l’absence d’un adversaire commun, il ne reste aux chefs des orcs qu’à se battre entre eux. C’est la soif de destruction qui anime ces barbares. Il n’est pourtant qu’une et une seule motivation honorable : le pouvoir.

Moi, Gul’dan, maître de tous les Sorciers et Initiateur du septième cercle du Conseil des ombres, connais mieux que quiconque le sombre et ardent désir que peut inspirer le pouvoir, le pouvoir absolu.

Les Chamans de mon clan m’enseignèrent dès le plus jeune âge les arcanes de la magie des orcs. Je canalisais les froides et maléfiques énergies de l’Enfer sinueux avec aisance et naturel. Mes dons me valurent rapidement d’être remarqué par les autres Chamans. Très vite je compris que Ner’zhul lui-même, le plus puissant de mes maîtres enviait mes pouvoirs qui ne cessaient de s’affirmer.

Mes ambitions surpassaient celles de mes pairs aussi bien que celles de mes maîtres, car je n’ignorais pas que leur champ de vision était limité par le dévouement qu’ils portaient à la Horde et à son avenir. Je n’avais que faire pour ma part des mesquines querelles des orcs. Je n’avais que faire de ce monde que nous dominions entièrement. La seule chose qui m’importait était d’appréhender les mystères insondables des Ténèbres de l’au-delà. J’avais déjà en secret entrepris d’explorer des énergies dont mes précepteurs ne soupçonnaient pas même l’existence. C’est alors que je découvris le Démon Kil’jaeden. J’avais pour son insensible et glaciale fureur une admiration sans limite. Assister à la démonstration de ses pouvoirs suffisait presque à me consumer. Furtivement, lors d’un cauchemar fébrile qu’il m’avait envoyé, je touchai du doigt l’essence de l’au-delà. Je fus alors littéralement envahi par un désir inassouvi, la volonté de dompter la force des ouragans spirituels, l’envie de piétiner le coeur mourant des astres en fusion.

Sous la tutelle de Kil’jaeden je pris conscience de l’insignifiance de mon propre savoir. Je pris connaissance de l’histoire insoupçonnée des Démons antiques, des dimensions magiques primitives. J’appris l’existence de mondes inconnus, innombrables poussières dispersées dans les ténèbres par delà nos horizons. Seul un être de mon envergure pouvait envisager de mener la Horde à la conquête de ces mondes nouveaux. Cependant que mon corps restait aux côtés de mon peuple sur les terres écarlates et noires des Dranei, j’apprenais à projeter mon esprit dans les abysses de l’Enfer sinueux, poussé jusqu’aux limites de la démence par les murmures confus que je percevais. Il me semblait que je courais vers une mort certaine, je répétais pourtant inlassablement ces voyages jusqu’au jour où, libéré totalement de ma substance corporelle, je compris le sens des paroles chuchotées...Je pus enfin parler à la mort.

La religion des orcs est depuis toujours fondée sur le culte des ancêtres. Alors que tous les orcs de la Horde étaient persuadés que leurs aînés veillaient sur eux et les guidaient depuis les profondeurs d’un royaume de l’au-delà, je tenais pour ma part ces croyances pour des légendes sans fondement réel. Je découvris en pénétrant l’Enfer sinueux que l’esprit des morts continue en effet son voyage, et vagabonde, flottant aux vents des astres de l’entre-deux mondes. Je constatai que les esprits continuaient après leur mort d’observer leur clan en silence, dans l’espoir de trouver un jour une échappatoire à leurs tourments éternels. Je compris alors que ces esprits pourraient être utiles à celui qui saurait leur imposer sa volonté.

Les années passèrent. Kil’jaeden avait fait de moi le plus puissant des Sorciers que les clans aient vu depuis des générations. J’étais un chef très respecté au sein de la Horde, mais comme toujours, de fortes tensions opposaient les clans. Les Dranei anéantis, les fous de guerre n’avaient plus rien à se mettre sous la dent. Après des siècles de guerres et de violence, nous avions fini par conquérir la totalité de notre monde. L’anarchie régnait désormais sur les clans qui n’avaient plus ni ennemis à combattre ni territoires à conquérir. Le moindre désaccord entre deux clans se réglait par de violentes batailles pour se terminer dans un bain
de sang. Les chefs qui se risquaient à prendre les choses en main ne tardaient guère à se faire occire par une escouade d’orcs. Je sus que le moment était venu pour moi de revendiquer le pouvoir que j’avais si longtemps négligé.

Je m’empressai de rassembler les rares Sorciers qui avaient fait preuve d’une once de passion et montré qu’ils possédaient l’ambition de s’élever au-dessus des querelles mesquines des clans déchirés. Je transmis à ces seuls Sorciers la connaissance des morts et leur inculquai les secrets rituels de communion avec les esprits de l’Enfer sinueux. Certains d’entre eux, incapables de maîtriser pareils pouvoirs, ne purent y survivre. Ensuite un pacte fut conclu entre les membres de notre cercle et les esprits des ténèbres que nous avions appris à invoquer. Il fut décidé que mon rôle consisterait à manipuler les volontés, alors que les autres Sorciers seraient protégés contre les caprices des masses assoiffées de sang. Ainsi naquit le Conseil des ombres. 

Il suffit de quelques mois pour que le Conseil des ombres infiltre les institutions politiques des orcs. Rien de ce qui survenait au sein de la Horde ne nous était inconnu, et de nombreux événements étaient de notre fait - si intelligemment planifiés que les chefs des clans eux-mêmes ignoraient tout de nos manipulations. En six mois nous avions atteint le contrôle total de tous les rouages internes de la Horde. Pourtant, derrière nos machinations secrètes se profilait l’ombre du silencieux et odieux Démon Kil’jaeden. 

Dans le dessein d’élargir nos pouvoirs surnaturels, je créai une nouvelle école de magie, la nécromancie, et commençai à former de jeunes Sorciers aux arcanes de la vie et de la mort. Une nouvelle fois sous la tutelle du Démon Kil’jaeden, ces Nécrolytes se plongèrent dans les abîmes de la magie noire jusqu’à ce qu’ils aient acquis assez de pouvoir pour animer et contrôler les cadavres. Chaque victoire, chaque succès pourtant, laissait en moi un vide que je ne pouvais combler. Je réalisai alors que le Conseil des ombres ne pourrait servir mon dessein que dans une certaine mesure, et qu’il me faudrait bientôt conquérir force plus puissante encore pour réaliser notre destinée.


La maîtrise des forces - Medivh et Blackhand

Tout se déroulait pour le mieux au sein de la Horde. Le Conseil des ombres était parvenu à pacifier les clans belliqueux en leur faisant miroiter la promesse d’une vie éternelle. Pourtant je savais que le répit ne serait que de courte durée, comme le fut celui que nous avait apporté la guerre contre les Dranei. Il me fallait trouver de nouvelles terres de conquête pour les orcs. Une nuit alors que je consacrais mes méditations à cette question, je fus brusquement tiré de ma contemplation par des cris qui venaient de la tour des Sorciers. je m’empressai de les rejoindre, et trouvai mes apprentis prostrés, enfermés dans de profondes transes, le visage déformé par la douleur. Les Sorciers que je questionnai fébrilement me contèrent qu’une inexplicable présence avait troublé leurs rêves. Je repris le chemin de mon antre, très intrigué : pourquoi donc cette étrange créature qui avait communiqué avec les autres Sorciers n’avait-elle pas tenté d’entrer en contact avec moi ?

Je me tournai vers Kil’jaeden pour me renseigner sur cette présence. Il avait lui aussi ressenti son pouvoir - un pouvoir qui surpassait de loin tout ce qu’il avait connu jusque là. J’ignore si c’était la peur que cette force inspirait à ce Démon funeste ou ma propre excitation qui me poussa à explorer sans but les méandres de l’Enfer sinueux pendant ce qui me sembla être une éternité.

C’est dans la fièvre de mon voyage que la Présence finit par entrer en contact avec moi. La force qu’elle irradiait était inouïe, mais il lui manquait le contrôle inflexible dont Kil’jaeden faisait montre. A mesure que je retrouvais mes sens, ma peur s’évanouissait, et mon esprit retournait à la raison et aux calculs. Je savais que malgré son pouvoir inimaginable, il me suffirait de deviner les désirs de cette force pour l’asservir à mon propre projet. La Présence déclara être un Sorcier nommé Medivh et venant d’un monde lointain. Nous communiquions sans mots, mais par une réunion vigilante de nos deux esprits. Son savoir me parut infini, mais la diligence de ses pensées m’empêchait de l’explorer. Dès le début je compris qu’il me mettait à l’épreuve, tout en cherchant à en savoir plus sur les orcs et leur magie. Il tirait de moi plus de renseignements que je ne pourrais jamais en obtenir de lui, c’est pourquoi très vite, je rompis le contact. 

J’implorai une fois de plus Kil’jaeden pour lui demander conseil, mais il refusa de répondre à mes incantations. Je compris qu’il craignait Medivh, et que cette peur l’avait poussé à abandonner son enseignement. Je fus à nouveau plongé dans le doute à
propos de mes compétences. Comment pourrais-je lutter contre un être qui avait intimidé mon maître lui-même ? Pendant plusieurs semaines je continuai de me perdre dans l’Enfer sinueux, incapable d’oublier les raisons de mon trouble et de mon questionnement. Puis soudain, une nuit, Medivh m’apparut en rêve... 

“Je t’effraie car je dépasse ton entendement. Contemple mon univers. Tu comprendras alors ta peur. Et elle s’évanouira.” 

Je ne pus résister à ce qui s’ensuivit

...terres arides...
...sombres marécages, fourmillant de vie...
...prairies verdoyantes à perte de vue...
...forêts d’arbres majestueux...
...cultures et récoltes en abondance...
...villages peuplés d’individus vaillants et fiers...

Les images affluaient, se succédant à un rythme effréné, trop rapide pour les discerner. Et puis...cette chose. Une vision fugace, qui allait dans mon âme engendrer un trouble durable...

...enfoui au plus profond de l’océan ; ruines sombres - un souffle de vie persiste...
...nourri par le sang de la terre...
...un pouvoir antique...
...ancien et terrible...

Je m’éveillai. Je repris conscience, sachant que mon songe était bien réel. Medivh m’avait montré les merveilles de son pays, sachant que la Horde n’aurait de cesse de faire sien ce nouveau monde...

Je convoquai une réunion avec les membres du Conseil des ombres pour évoquer mes visions. Certains mirent en doute les bonnes intentions de Medivh, mais je rétorquai que nous tenions là une chance inespérée d’échapper au confinement de notre monde. Nous allions demander l’aide de Medivh pour parvenir jusqu’à son monde. Nous soumettrions ensuite les siens de la même manière que nous avions jusqu’ici vaincu tous ceux qui s’étaient trouvés sur notre chemin. Medivh était apparu à de nombreux Sorciers qui avaient eu les mêmes visions d’un pays neuf et fertile. Nous convîmes pourtant de ne pas ébruiter l’énigmatique message. Tous les Sorciers qui firent ce rêve furent occis ; il importait de ne pas révéler le secret avant que tout ne soit prêt pour éviter que la Horde ne se divise. Les semaines passèrent et Medivh ne se manifesta point. Vaines furent mes tentatives pour entrer en contact avec lui. Il semblait s’être volatilisé de l’Enfer sinueux. Certains des membres du Conseil avaient abandonné tout espoir de revoir un jour l’enchanteur..

...Puis la faille apparut...

Il fallut attendre un temps considérable pour que la faille soit assez large pour autoriser le passage des orcs en masse. Les premiers éclaireurs envoyés de l’Autre côté revinrent rendus presque déments par tout ce qu’ils avaient vu. Notre détermination restait entière malgré ces premiers échecs. Les envoyés qui suivirent nous confirmèrent que le monde de l’Autre côté paraissait correspondre à celui qui nous était apparu dans nos visions. En ajoutant aux pouvoirs des membres du Conseil des ombres ceux des clans de Sorciers de la Horde, nous pûmes aisément élargir la faille jusqu’à en faire une Porte. Grâce à cette porte, de très
nombreux orcs purent être dépêchés vers le pays inconnu. Rapidement un avant-poste fut construit de l’autre côté de la faille, et des soldats partirent reconnaître et explorer les alentours.

Les agents du Conseil des ombres nous rapportèrent bien vite que les habitants de cette contrée que l’on nommait Azeroth étaient des Humains. Ils avaient découvert que la race des Humains était faible, qu’il s’agissait d’un peuple pacifiste et rural vivant de ses cultures. J’en conclu d’abord qu’ils n’opposeraient pas plus de résistance que ces pitoyables Dranei, et que les combats n’occuperaient guère les orcs de la Horde. Mais déjà, les chefs des clans étourdis par leurs pulsions sanguinaires et belliqueuses avaient pris la décision de quitter notre vieux monde et de réclamer le domaine d’Azeroth.

Alors que le Conseil des ombres continuait de contrôler les luttes intestines de la Horde, les masses continuaient de voir en leurs chefs de véritables meneurs. Deux des chefs de clans se distinguaient par le respect et la terreur qu’ils inspiraient aux autres clans. Il s’agissait de Cho’gall, Ogremagie du clan de Twilight’s Hammer et de Kilrogg Deadeye du clan de Bleeding Hollow. On attendait de ces grands chefs qu’ils prennent le commandement de la Horde et la mènent vers une victoire rapide et radicale sur les Humains. Ainsi, alors que les troupes de la Horde avançaient en direction de la faille d’Azeroth, Cho’gall et Kilrogg tiraient les plans de leur incursion contre la forteresse de Stormwind.

Cet assaut fut une véritable catastrophe. Nos armées, prévoyant de ne se heurter qu’à une très faible résistance, avaient chargé la forteresse ennemie de front. Les soldats Humains nous étonnèrent en tenant nos armées en échec. Puis ils lancèrent sur nos troupes des guerriers montant des bêtes nerveuses et musclées. Nous fûmes forcés de nous replier vers les marécages entourant notre avant-poste et la Porte. Il fallut pour nous sauver invoquer les aveuglantes brumes de l’ombre. Cette défaite totale et humiliante sema le plus grand trouble au sein de la Horde. Cho’gall et Kilrogg invoquaient chacun l’incompétence de l’autre pour justifier leur déroute. La troupe des orcs fut rapidement divisée en deux groupes soutenant chacun un des deux chefs. Le Conseil des ombres cherchait désespérément à remédier à cette situation qui inévitablement se terminerait dans un bain de sang. Mais les orcs sont des créatures instables qu’il est extrêmement difficile de raisonner. Je compris alors combien il était nécessaire qu’un homme fort prenne la tête de la Horde, et y reste, pour rassembler les divers clans autour de lui. C’est ainsi que pour la première fois j’entendis parler de Blackhand le destructeur...

Blackhand, chef du jeune clan Blackrock et assaillant de l’armée de Sythegore, inspirait le respect de la plupart des orcs de la Horde. Plus important encore, il était fort avide, ce qui le rendait très corruptible. Soutenu par le Conseil des ombres, je fis de l’ambitieux Blackhand le Seigneur de la guerre. Il faut dire à sa décharge qu’il devint un chef tyrannique et terrible que pourtant ses guerriers admiraient. La Horde toute entière et tous les chefs de clan rallièrent Blackhand et acceptèrent son commandement. Cependant, moi, tapi dans l’ombre, je dictais politiques et agissements à Blackhand en employant invariablement chantage et corruption.

Depuis la nomination de Blackhand à la tête de la Horde, l’ordre était revenu parmi les troupes des orcs. Le visage de Medivh m’apparut à nouveau, il me sembla contrôler moins bien son esprit, mais beaucoup mieux ses pouvoirs cette fois. Il mandait que la Horde détruise le royaume d’Azeroth, mais fasse de lui le souverain de son peuple. Medivh tenta, en m’offrant maints trésors et babioles, de me convaincre. Je lui rétorquai que la Horde était maintenant dans la place, que rien ne pourrait la persuader de faire selon le désir de Medivh. Son visage alors esquissa un sourire railleur avant de faire apparaître l’image d’un tombe au antique sur lequel était gravé le nom du Seigneur des démons, Sargeras. Le Tombeau de Sargeras ! Le Seigneur des démons lui-même, le maître de mon propre maître enseveli en ce monde grotesque et pathétique ! La destinée m’avait donc élu moi et nul autre...En effet, Kil’jaeden m’avait appris que ce Tombeau perdu renfermait le pouvoir absolu - un pouvoir qui ferait de celui qui le contrôlerait un dieu vivant. Medivh jura alors de révéler la position du Tombeau si j’acceptais d’utiliser les troupes de la Horde pour anéantir ses ennemis...

C’est ainsi que la Horde des orcs partit en guerre contre le royaume d’Azeroth.


La Première Guerre de l'ascension des orcs

Nous prîmes aux Humains les terres d’Azeroth, réduisant à néant tout ce que nous voyions. Garona, ma tueuse dévouée, moitié orc, exécuta pour moi le souverain d’Azeroth, le roi Llane, avant de m’apporter son coeur encore chaud et palpitant. La Horde avait maintenant conquis la domination d’Azeroth et vaincu les pitoyables vermisseaux qui défendaient ce royaume, pourtant, mes propres projets étaient bien menacés. En effet, un petit groupe de guerriers Humains s’était introduit dans la tour de Medivh pour provoquer le Sorcier dément en combat direct. Frappé, déchiré en son corps par les coups des glaives d’Azeroth, Medivh me fit parvenir à travers les sphères astrales des ondes télépathiques criant sa douleur. Malgré ma force et mes défenses, je fus moi-même atteint. Je tentai d’atteindre l’esprit du Sorcier pour lui extirper la position du Tombeau de Sargeras, malheureusement le Sorcier périt sous les coups des Azerothiens avant que je ne pus dérober le précieux secret. Comme je visitais encore son esprit à l’instant de sa mort temporelle, je subis moi aussi un violent contrecoup psychique qui me plongea dans un état de catatonie profonde.

Pendant des semaines je restai étendu, inerte, dans un état proche de la mort. Mes fidèles Sorciers veillaient sur moi. Je finis par m’éveiller pour apprendre que le pouvoir avait changé de mains au sein de la Horde. Blackhand avait été assassiné. Privé de mes pouvoirs magiques et de mes conseils, Blackhand s’était laissé surprendre, il était tombé dans le piège que lui avait tendu le plus fort et le plus respecté de ses généraux : Orgrim Doomhammer. Orgrim ne tarda pas à asseoir son pouvoir. Il justifia son acte en accusant le Destructeur de n’avoir pas été à la hauteur de sa tâche, et appuya ses affirmations sur de faux témoignages qu’il avait orchestrés.

La main du destin venait de me porter un coup terrible. Orgrim se mit en tête d’explorer les moindres rouages internes de la Horde, ne tolérant aucun point sombre. Ses espions réussirent à prendre en capture Garona, ma fidèle servante. Ils lui firent subir les pires
tortures, la forçant à leur révéler l’existence et le lieu du repaire du Conseil des ombres. J’ignorais qu’elle fût si faible.

Sentant que le Conseil des ombres pourrait l’empêcher de prendre le contrôle de la Horde, Doomhammer mena ses guerriers vers ma Citadelle située non loin du Fort de Stormwind. Les Sorciers que cette offensive prit par surprise tentèrent de repousser la Horde aussi longtemps que leurs sorts le leur permirent. Les assaillants ne leur laissant aucun répit, ils ne purent renouveler leur énergie et durent céder à la rage d’Orgrim. Doomhammer sortait victorieux de cette bataille. Les Sorciers qui avaient survécus furent convaincus de traîtrise, et exécutés sur la place publique, ce qui affaiblit ma position autant qu’elle renforça la sienne...

On me mena jusqu’à Orgrim, et je fus soumis à maintes questions concernant mon implication dans le Conseil des ombres. Affaibli par le contrecoup que m’avait fait subir la mort de Medivh et par le combat que j’avais mené au côté de mes compagnons, je n’étais pas en position forte, je ne pouvais en aucun cas prétendre représenter un danger, ou même une menace pour Orgrim. Il me fit clairement comprendre qu’il contrôlait entièrement la Horde, et qu’il ne se laisserait pas manipuler aussi aisément que son prédécesseur. L’éclat de son regard et le bronze de sa musculature confirmaient ses dires, mais je refusais de m’avouer vaincu. Alors qu’il semblait prendre le dessus dans notre entrevue, je lui rappelai que tous mes semblables avaient péris, et que j’étais par conséquent le dernier Sorcier de la Horde. Orgrim, que sa victoire rendait impudent admit que je pourrais lui être utile, et m’accorda sa “grâce”. En mon for intérieur, je fis serment de lui faire ravaler un jour ces paroles condescendantes.

Le Seigneur de la Guerre ne pouvait oublier sa méfiance à mon égard, je réussis pourtant à le convaincre que certains de ses guerriers prévoyaient de rejoindre les fils de Blackhand et de se révolter. Ces accusations étaient fausses, mais Orgrim soupçonnait déjà Rend et Maim, il s’empressa donc de disperser l’escouade des prétendus traîtres dans les différentes troupes Grunt. Je fis la promesse d’offrir à Orgrim, en gage de ma “loyauté” envers lui et la Horde toute entière, une unité de chevaliers morts-vivants qui lui seraient entièrement dévoués. Doomhammer ne me faisait guère confiance, mais l’idée le séduisait tant qu’il m’autorisa à me retirer pour créer cette terrible armée.

Mes pouvoirs et l’assistance de mes Nécrolytes ne suffisaient pas à ressusciter ces masses sans vie. Ces serviteurs ne m’apportaient ni force, ni réussite. Je compris alors que leur esprit était consentant mais que leur corps était faible. Je décidai de les mener vers un autel grandiose fait de bois d’arbre de fer et de racines maléfiques. Je me livrai au pied de cet autel à des incantations de magie noire, et pris la vie de chacun d’entre eux. Le sacrifice des Nécrolytes allait nourrir la création du parfait serviteur mort-vivant.

Faisant appel aux rares contacts utiles que j’avais gardés au sein de la Horde, je fis l’acquisition de cadavres des Chevaliers d’Azeroth occis depuis longtemps. J’instillai dans ces corps décatis et décomposés l’essence spirituelle des membres les plus illustres du Conseil des ombres, ravis de revenir dans les sphères mortelles pour semer une fois encore malheur et dévastation. J’équipai chacun de ces sombres chevaliers d’un bâton orné de gemmes qui les aiderait à diriger les pouvoirs surnaturels sur leurs cibles. Ces pierres renfermaient la magie brute et nécromantique des Nécrolytes que je venais d’occire. Ainsi naquirent les Chevaliers morts-vivants.

Ces Chevaliers remplissaient de joie le coeur d’Orgrim Doomhammer. Les esprits des membres du Conseil des ombres, tout en restant entièrement dévoués à ma cause feignaient d’être soumis au Seigneur de la guerre. Satisfait de mon oeuvre, Orgrim me laissa vaquer en paix à mes occupations.Je saurai être patient, j’attendrai mon heure, feignant servitude et loyauté envers ce présomptueux parvenu. Le moment venu il saura qui de nous deux était le plus fort. La volonté de découvrir le Tombeau de Sargeras ne m’a point abandonné. J’ai rassemblé sous ma bannière le clan de Stormreaver qui me soutiendra quand il sera temps de faire payer Orgrim pour les forfaits qu’il me fit subir...

Ce jour approche - mais Orgrim Doomhammer n’a nulle idée du destin qui l’attend, car moi, Gul’dan... incarnation des forces des Ténèbres, saurai assouvir ma vengeance.


Cette page a été créée le 27 mars 2019 à 10h30
Cette page a été mise à jour le 27 mars 2019 à 15h42
2 commentaires - [Poster un commentaire]


Membre
Dargor- #986
Posté le jeudi 28 mars 2019 à 3h20  -  #1
1

Le récit qui a fait commencer ma passion pour Warcraft !


Membre
Meliw #491
Posté le jeudi 28 mars 2019 à 22h49  -  #2
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L'un de mes textes préférés de l'univers de Warcraft. Sublime.


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